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Assurance emprunteur : les emprunteurs peinent à sauter le pas sur la délégation

Mise en ligne le 22/08/2018 à 10:00

Assurance emprunteur : les emprunteurs peinent à sauter le pas sur la délégation

L’assurance emprunteur, couverture systématiquement requise par les banques pour l’obtention d’un prêt immobilier, peut représenter jusqu’à 30 % du coût total d’un emprunt, et alourdie donc sévèrement la note. Depuis quelques années, son marché connaît quelques évolutions, favorisant l’ouverture à la concurrence pour les assurés.

En effet, ce sont les banques qui, jusqu’à présent, avaient le monopole sur ce marché fructueux (près de 50 % de marges). Il y a quelques années encore, lorsque venait le moment de contracter un crédit immobilier en vue de devenir propriétaire, les établissements bancaires imposaient leurs propres contrats d’assurance, basés sur la mutualisation du risque, et donc pas, ou peu, en accord avec le profil de l’emprunteur et ses besoins.

Pour rappel, cette couverture permet, aussi bien à la banque qu’à l’emprunteur, de se prémunir contre l’incapacité de ce dernier à rembourser son emprunt, suite à un décès, une invalidité partielle ou totale ou encore une incapacité, ne lui permettant plus de percevoir des revenus professionnels. Les établissements bancaires proposent des contrats “groupe”, calculés en fonction de très peu de critères, à l’inverse des assureurs individuels, qui analysent en détail le profil de l’emprunteur pour lui proposer des garanties et un tarif personnalisé. 

C’est donc en 2010 qu’une première loi est votée à ce sujet. Elle donne alors le droit à l’emprunteur de choisir un assureur individuel, et donc de refuser le contrat proposé par la banque prêteuse. En 2014, la loi Hamon vient compléter cette dernière. Elle permet aux emprunteurs de changer de contrat d’assurance emprunteur dans l’année qui suit la signature de leur prêt immobilier, et ce, sans pénalités ni frais. En 2017, est voté l’amendement Bourquin, qui rend possible la résiliation annuelle d’un contrat d’assurance à sa date anniversaire, afin de souscrire une offre plus avantageuse.

Fin 2017, 85 % des contrats d’assurance emprunteur étaient des contrats « groupes » proposés par les établissements bancaires, au détriment de la délégation d’assurance, pourtant bien moins chère.  Cette dernière n’a donc représenté que 12 % des contrats souscrits cette même année, soit plus d’1 milliard d’euros, selon les chiffres de la Fédération française des assureurs (FFA), contre près de 7 milliards d’euros revenant aux banques. Chiffres qui sont sensiblement les mêmes qu’en 2016.

6 mois après avoir donné la possibilité aux emprunteurs de changer annuellement de contrat d’assurance de prêt immobilier, il n’est pas encore possible de connaître l’efficacité de l’amendement Bourquin. Il reste donc quelques mois à patienter avant de savoir, si oui ou non, la délégation d’assurance sera plus prisée des emprunteurs.