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Crédit immobilier : une fin d’année apaisée ?

Mise en ligne le 03/11/2023 à 08:21

Crédit immobilier : une fin d’année apaisée ?

Les taux immobiliers augmentent fortement et très rapidement depuis deux ans, en effet les taux d’emprunt ont été multiplié par 4 en 24 mois. Du jamais vu sur un temps aussi court, c’est d’ailleurs ce qui explique en partie la contraction du marché immobilier car le pouvoir d’achat immobilier a été considérablement réduit.

Il se pourrait bien que l’envolée de ces deux dernières années touche à sa fin, un certain nombre de signaux laissent à penser qu’on se dirige vers une stabilisation des taux dans la durée.

Le 26 octobre 2023, Christine Lagarde, présidente de le Banque Centrale Européenne annonce qu’il n’y aura pas d’augmentation de ses taux directeurs alors que depuis 10 mois consécutifs ils augmentent afin de tenter de contenir l’inflation. Cette stratégie semble effectivement avoir produit des effets sur l’inflation mais dans la durée elle pénalise l’économie. Nul doute que cette décision de la BCE aura un impact positif sur le prix du crédit immobilier.
 
Une hausse modérée du taux d’usure pour le mois de novembre 2023 à 5.91 % sur 25 ans contre 5.80 % en octobre alors qu’il progressait de 0.20 à 0.30 % par mois depuis février dernier. Pour mémoire le taux d’usure est calculé sur taux des prêts accordés les mois précédents, donc s’il augmente moins vite c’est que la progression des taux d’intérêts depuis septembre 2023 est moins forte. 

On peut commencer à entrevoir un retour des banques sur le crédit immobilier. Avec la hausse des taux du premier semestre 2023, elles retrouvent des marges sur les prêts à l’habitat. En retard sur leurs objectifs commerciaux, elles modèrent leurs tarifs pour séduire d’avantage d’emprunteurs... soigneusement sélectionnés (apport conséquent, épargne résiduelle…). Même si cela ne constitue pas un retour en force on peut y voir un signal positif en direction des emprunteurs. 

D’ici la fin 2023, les taux immobiliers devraient très modérément monter pour se stabiliser début 2024. A ce phénomène de plateau vont venir se mettre en place des prêts spécifiques tels que des prêts complémentaires à taux bonifiés aux primo-accédants, à ceux qui achètent des logements bien classés sur le DPE, le PTZ maintenu avec des zones géographiques étendues…autant de mesures qui laissent à penser que la hausse sera derrière nous.

Quant au marché immobilier, le secteur du neuf traverse une crise profonde liée à la flambée des couts de construction conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat des acquéreurs. Un tel effet ciseau ne peut s’inverser sur un temps court. Et pour ce qui est de l’immobilier ancien, même si certaines zones géographiques résistent mieux que d’autres en termes de prix de vente, la tendance générale est baissière car le prix de vente doit se réaligner sur la capacité à acheter…sinon il n’y a pas de marché !

Tous les indicateurs laissent donc penser que le pire est passé et que nous allons vers une stabilisation de marché.